Life stage

[À] présent, se reproduire sans retenue ni contrôle était considéré comme un des droits fondamentaux de tout être humain. Juste par narcissisme, pour se voir soi-même reproduit en plus petit ; par nationalisme pour engendrer de futurs soldats qui défendront des drapeaux d’une couleur ou d’une autre ; par mysticisme pour faire plaisir au prêtre qui a dit «  croissez et multipliez », pour être les futurs martyrs des guerres saintes ; ou par intérêt pécuniaire comme c’est le cas en Chine où les gens font des enfants pour assurer leurs vieux jours.

Le Miroir de Cassandre, Bernard Werber

life stage © Sabrina Aureli
digital artwork

« J’ai vu passer depuis des siècles des centaines d’êtres humains qui sont venus pour me toucher, chercher les truffes dans mes racines.

J’ai vu des soldats et des bandits, des « avec des épées » des « avec des mousquets » et des « avec des fusils ».

A chaque cercle placé autour de mon cœur de tronc correspond une génération de petits hommes devenus en quelques instants, à mon niveau de perception, des vieillards. 

J’ai toujours été surpris qu’ils aient à ce point besoins d’exprimer leur existence par la violence.

Avant ils se tuaient pour manger.

Maintenant je ne sais plus pourquoi ils se tuent.

Probablement par habitude.

Nous non plus, nous ne sommes pas au dessus de la violence. Par moment, dans mes branches, des conflits éclatent entre les feuilles. Elles se volent la lumière. Celles qui sont dans l’ombre blanchissent et meurent. Des petites futées profitent d’une aspérité de mon écorce pour se rehausser. Et puis nous avons nos prédateurs, les lierres étrangleurs, les insectes xylophages, les oiseaux qui viennent creuser leurs nids dans notre chair.

Mais cette violence a un sens. On détruit pour survivre. Alors que la violence des humains, je n’en comprend pas le sens.

Peut-être parce que trop nombreux et destructeurs, ils s’autorégulent en se tuant entre eux. Ou peut-être parce qu’ils s’ennuient. 

Depuis des siècles, nous ne vous intéressons que sous formes de bûches ou de pâte à papier.

Nous ne sommes pas des objets. Comme tout ce qui est sur terre, nous vivons, nous percevons ce qui se passe dans le monde, nous souffrons et nous avons nos joies à nous.

J’aimerais parler avec vous.

Un jour, nous discuterons peut être ensemble…

Le voulez-vous ?”

L’Arbre des Possibles de Bernard Werber

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