la quiete dopo la tempesta

Ils m’ont toujours jugé comme bizarre ou différente , mais tu sais quoi ? J’ai toujours adoré. Je ne supporterais pas d’être comme le reste du monde. Alda Merini

La quiete dopo la tempesta 2020 © Sabrina Aureli

Malgré la connaissance du monde qui vient d’une large expérience, malgré l’acquisition d’une philosophie de tous les jours qui soit viable, malgré soi, on se rend compte que les imbéciles sont encore plus idiots qu’avant, et les emmerdeurs, plus emmerdants. (…) S’il est une chose qui me paraît de plus en plus évidente aujourd’hui, c’est que le caractère foncier des êtres ne change pas avec les années. À de rares exceptions près, les gens ne se développent ni n’évoluent : le chêne demeure chêne, le porc, porc, et le minus, minus. La vie nous donne de force quelques leçons; elle ne nous apprend pas nécessairement à grandir. Quant au monde en général, non seulement il ne m’a pas l’air meilleur qu’à l’époque de ma huitième année – il a l’air mille fois pire!. Le grand écrivain J. K.Huysmans, l’auteur de « À Rebours », résume assez bien cela lorsqu’il dit que le passé lui fait horreur, que le présent est gris et désolé, et l’avenir, absolument épouvantable. Fort heureusement, je ne partage pas ce point de vue sinistre. Ne serait-ce que cela, je ne m’intéresse pas à l’avenir. Quant au passé, bon ou mauvais, j’en ai tiré le miel. L’avenir qui me reste, c’est mon passé qui l’a fait. L’avenir du monde, je le laisse aux méditations des philosophes et des visionnaires. La seule chose à laquelle nous ayons vraiment droit, c’est le présent; mais rares sont ceux d’entre nous qui le vivent jamais. Je ne suis pas plus un pessimiste qu’un optimiste. Pour moi, le monde n’est ni ci ni ça; il est tout à la fois, et ce, selon la vision de chacun.
(…)Si resserré que puisse devenir pour moi le monde, je ne peux l’imaginer me laissant vide d’émerveillement. Peut-être pourrait-on dire en un sens que c’est là ma religion. Je me moque de savoir ce qui lui a pris d’exister, à cette création où nous baignons; je ne me soucie que d’en jouir et de la goûter. J’ai beau railler tant et plus les conditions de vie qui sont les nôtres, j’ai cessé de me croire capable d’y remédier. Il se peut que je parvienne à changer quelque peu ma propre position -sûrement pas celle des autres. Pas plus que je ne vois personne, même parmi les plus grands d’hier et d’aujourd’hui , qui ait jamais pu, ou puisse jamais, changer vraiment « la condition humaine ».
Henry MILLER, Virage à 80 ans, 1973.

Rispondi

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo di WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione /  Modifica )

Connessione a %s...